Faut-il s’inquiéter de la présence de Tritium dans l’eau potable ?

bouteille eau

Une étude publiée le mercredi 17 juillet par l’association ACRO a jeté le doute sur une possible contamination de l’eau potable bue en France par 6,4 millions de personnes. Le coupable serait le tritium, un élément radioactif rare. Plusieurs questions se posent sur les risques sanitaires.

Faiblement radioactif, le tritium est un isotope de l’hydrogène

Relativement peu présent à l’état naturel, il est normal d’en trouver des traces, notamment dans le cycle de l’eau. Mais c’est essentiellement la filière nucléaire, civile et militaire, qui est à l’origine des principales émissions de tritium. Ainsi, les essais atmosphériques d’armes nucléaires menés entre 1945 et 1963 ont produit 200 fois plus de cet isotope que la production atmosphérique naturelle. Depuis, la présence de tritium est revenue à son niveau normal, entre 1 à 4 becquerels par litre (Bq/L) — l’unité de mesure de l’activité radioactive.

L’inquiétude est cependant montée d’un cran quand l’association ACRO a souligné dans son étude que localement, en France, des niveaux de tritium peuvent être jusqu’à 8 fois plus élevés que ce qui est observé habituellement. La région angevine semble la plus touchée par ce phénomène. L’association précise néanmoins qu’aucune valeur « ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires ».

La polémique s’est alors déplacée sur la pertinence des seuils appliqués par les autorités sanitaires

Le seuil préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (10 000 Bq/L) est celui jugé acceptable pour une consommation normale d’eau potable. Le niveau « d’alerte » fixé par la France est 100 fois inférieur (100 Bq/L). Mais, une autre association, la Criirad, juge ces seuils trop élevés, les considérant comme « un régime de faveur accordé aux activités nucléaires ». Selon cette association, la valeur guide ne devrait pas dépasser 10 Bq/L.

Si les seuils sanitaires ne sont donc pas dépassés, l’ARCO s’inquiète cependant sur la fréquence insuffisante des mesures. Enfin, selon l’association, la présence plus élevée que la normale de tritium dans l’eau potable est un marqueur pertinent qui démontre qu’en cas de fuite radioactive grave, l’eau distribuée à des millions de personnes serait affectée. Les autorités devraient alors faire face à un problème sanitaire majeur.

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